19 février, 2015 - Émissions

Le concept misogyne de « dominance en estrogènes »: Ma critique de deux textes publiĂ©s sur le site « santĂ© des femmes »

Texte no. 1 intitulĂ© « Problèmes depuis une thĂ©rapie estrogĂ©nique » (signĂ© Nicole Renaud, nd.a.): Ă€ Michelle, une femme de 56 ans, mĂ©nopausĂ©e chirurgicalement, qui prend de l’Oestrodose (gel d’estradiol-17 B) depuis sa chirurgie en 2008, et qui a dĂ©veloppĂ© plusieurs problèmes suite Ă  sa castration : bouffĂ©es de chaleur, prise de poids (surtout abdominale), apparition d’un diabète de type 2, hypothyroĂŻdie, sĂ©cheresse importante de la peau, perte de libido, irritabilitĂ©, Mme Renaud suggère de prendre de la progestĂ©rone (je suis d’accord) et trouverait Ă©galement adĂ©quat de cesser son estrogène! Selon Mme Renaud, tous les symptĂ´mes de Michelle sont dus Ă  sa dominance en estrogènes! La naturopathe affirme, par exemple, qu’une sĂ©cheresse vaginale peut signifier non seulement un manque d’estrogènes mais aussi une faiblesse des rĂ©cepteurs d’estrogènes (!!!) et que la progestĂ©rone pourrait rĂ©gler son problème de sĂ©cheresse vaginale (sans prendre d’estrogènes).
Ma rĂ©ponse: il faut absolument mesurer le taux d’estradiol de Michelle. Selon les symptĂ´mes de Michelle, elle semble manquer d’estrogènes (et Ă©videmment de progestĂ©rone Ă©tant donnĂ© sa castration). Le manque d’estrogènes chez Michelle peut ĂŞtre dĂ» au fait qu’elle ne prend pas la bonne dose d’Oestrodose ou qu’elle ne met pas bien son gel.
Texte no. 2 intitulĂ© « Le rĂ´le des lĂ©gumes crucifères dans la prĂ©vention des cancers hormonodĂ©pendants » (signĂ© Micheline O’Shaughnessy). Selon Mme O’Shaughnessy, Ă  la mĂ©nopause, les femmes peuvent avoir un taux d’estrogènes Ă©levĂ© pour diverses raisons dont un excès de graisse abdominale (!) et une exposition aux xĂ©noestrogènes (!), et cela serait responsable de divers symptĂ´mes dont les bouffĂ©es de chaleur, la prise de poids, etc. Rappelons qu’Ă  la mĂ©nopause, le taux d’estrogènes est faible (sauf si les ovaires se mettent Ă  produire un ou des follicules, ce qui peut arriver surtout en dĂ©but de mĂ©nopause), et que le taux d’estrogènes diminue gĂ©nĂ©ralement avec l’âge. Le gras y compte pour très peu. Tant qu’aux xĂ©noestrogènes, rappelons que ce ne sont pas des estrogènes, mais au contraire, des perturbateurs des actions des estrogènes. Cessons de mĂ©priser les estrogènes et apprenons Ă  apprĂ©cier tous ce qu’ils apportent de bĂ©nĂ©fique aux ĂŞtres humains. Les estrogènes sont les hormones Ă  la base de la vie.
Mme Micheline O’Shaughnessy affirme Ă©galement que toute thĂ©rapie de remplacement hormonal devrait commencer par une dĂ©toxification du foie (Ă  cause des estrogènes, la dominance en estrogènes Ă©tant une situation grave et frĂ©quente…), et parle des bons et des mauvais estrogènes (les mauvais, selon ses dires, Ă©tant responsables des cancers hormono-dĂ©pendants. En rĂ©alitĂ©, aucune Ă©tude scientifique ne supporte le besoin de dĂ©toxifier le foie avec des produits naturels. Rappelons que les estrogènes ne sont pas toxiques, qu’ils n’ont pas besoin d’ĂŞtre dĂ©toxifiĂ©s par des produits naturels ou des lĂ©gumes crucifères, et que la notion de bons et de mauvais estrogènes me font penser Ă  la notion archaĂŻque de femmes de bonne vie (Ă©pouse dĂ©vouĂ©e et mère de famille sacrificielle) et de mauvaise vie (la personne prostituĂ©e ou encore celle qui couche facilement et profite de la vie) . Franchement! Peux-t-on Ă©voluer? Les estrogènes produits par le corps des femmes ont des propriĂ©tĂ©s anticancer, et non le contraire. Le seul cancer augmentĂ© par la prise d’estrogènes seuls est le cancer de l’endomètre, et l’ajout de progestĂ©rone en mode continu Ă  dose d’hormonothĂ©rapie règle la situation. Cessons de faire peur aux femmes! Les femmes qui n’ont pas d’estrogènes et de progestĂ©rone sont plus Ă  risque de faire un cancer de l’endomètre que les femmes fertiles ou enceintes (pourtant, ces dernières ont un taux d’estrogènes très Ă©levĂ©).

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06 février, 2015 - Émissions

Le concept erronĂ© et misogyne de « dominance en estrogènes »: Ma rĂ©ponse Ă  une femme qui me demande comment cesser sa « production excessive d’estrogènes ».

Dans cette capsule, on explique que les femmes ayant des formes fĂ©minines prononcĂ©es (p. ex.: seins et cuisses taille forte) n’ont gĂ©nĂ©ralement pas plus d’estrogènes que les femmes avec des seins ou des cuisses de taille moyenne voire petite. Les estrogènes ne sont pas responsables de l’obĂ©sitĂ©, et l’obĂ©sitĂ© n’est pas responsable d’un taux d’estrogènes Ă©levĂ©.
Il est vrai que les estrogènes sont impliquĂ©s dans la distribution des graisses chez les femmes (distribution de type poire), mais il s’agit de bons gras. Les mauvais gras (distribution de type pomme ou obĂ©sitĂ© abdominale) ne sont pas dus aux estrogènes. En fait, c’est plutĂ´t le dĂ©ficit de production d’estrogènes qui est liĂ© Ă  l’obĂ©sitĂ©, notamment l’obĂ©sitĂ© abdominale.
Plusieurs facteurs (avec un bonne base gĂ©nĂ©tique) jouent dans la dĂ©termination du volume des seins: taux dans les seins de l’insuline, de la prolactine, du facteur de croissance Ă©pidermique, du facteur de croissance insulinique… Par exemple, chez des personnes ayant un surplus de poids depuis l’enfance (facteur hĂ©rĂ©ditaire probable), j’ai observĂ© un taux d’insuline Ă  jeun plus Ă©levĂ©.

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